L'Atlas — cartographier l'espace de Lenia

Jusqu’ici, LifeLabs lançait des simulations une par une : un Orbium, un réglage, un rejeu. Mais Lenia n’est pas une créature — c’est une famille infinie de créatures, gouvernée par deux nombres. μ (mu) fixe le centre de la fonction de croissance, σ (sigma) sa largeur : ensemble, ils décident si un motif vit, meurt ou déborde. La question naturelle n’est donc pas « que fait CE réglage ? » mais « à quoi ressemble tout l’espace des réglages ? ».

L’Atlas y répond en le cartographiant. Au lieu d’accumuler des simulations, il les arrange : chaque pixel de la carte est une vraie simulation courte, et la carte entière est le plan (μ, σ) de Lenia vu d’un seul coup d’œil.

Ce qu’est cet Atlas

Une grille de 128 × 128 = 16 384 simulations réelles. Chaque cellule est un petit monde de 64×64, amorcé avec le même Orbium au centre, puis laissé évoluer 200 pas avec son propre couple (μ, σ). Les 16 384 mondes tournent en parallèle sur le GPU — un seul tenseur, un seul balayage — en une vingtaine de secondes sur une RTX 5070. Rien n’est truqué ni interpolé : ce que vous survolez est l’état final d’une vraie évolution, avec sa vignette et sa masse mesurée.

Les bornes balayées sont μ ∈ [0.10, 0.35] et σ ∈ [0.005, 0.20]. À la fin, chaque cellule est classée par les mêmes signes vitaux que le reste du site : éteinte (la masse s’effondre à zéro), stable (le motif se maintient), explosée (la grille se remplit) ou évolutive (la masse change encore à la fin, sans mourir ni déborder).

Ce que montre la carte

La distribution réelle de ce balayage inaugural :

  • stable — 10 548 cellules (64 %) : le grand continent de la vie. Autour du régime Orbium et bien au-delà, le motif persiste.
  • éteinte — 4 505 cellules (28 %) : l’océan de la mort. σ trop petit ou μ mal placé, et la créature s’éteint en quelques pas.
  • explosée — 1 328 cellules (8 %) : la zone de débordement, qui apparaît vers les grands σ (croissance trop large) — la raison pour laquelle nous avons poussé σ jusqu’à 0.20 : sous 0.10, ce régime n’existe tout simplement pas.
  • évolutive — 3 cellules (0,02 %) : et c’est le résultat le plus honnête de la carte. Sous un amorçage déterministe par l’Orbium, Lenia ne produit quasiment aucun régime « encore en train d’évoluer » : la frontière entre vie et mort est une lame de rasoir, pas une bande. Nous ne fabriquons pas cette catégorie pour faire joli — la carte est vraiment faite de trois grands continents (mort, vie, explosion) séparés par une frontière presque invisible.

Point d’ancrage connu : la cellule de l’Orbium historique (μ=0.15, σ=0.015), cerclée d’or sur la carte, tombe bien en zone stable. C’est le repère qui prouve que la carte est orientée correctement — sa créature est là où elle doit être.

Explorez-la vous-même

La carte est interactive et 100 % côté client : survolez une cellule pour voir sa vignette, ses (μ, σ) et sa catégorie ; cliquez dessus et la démo Lenia rejoue exactement ce réglage dans votre navigateur. C’est le sens de l’Atlas : non pas regarder des milliers de simulations défiler, mais choisir un point sur la carte et voir naître la créature qui y vit.

Ouvrez l’Atlas de Lenia, ou la fiche complète du run pour les paramètres exacts. Tout est reproductible à partir de la graine 42.